SETAREGAN

24 juin 2009

HISTOIRE DU COSTUME JAPONAIS : sous l'ère Heian ( première partie )

 


BREVE HISTOIRE
               

                                                   

        Je vais tenter de donner un rapide aperçu du costume japonais à travers les siècles et les couches sociales en quelques exemples , agrémentés de quelques photos .

 

Caractéristiques

Le costume japonais se caractérise par sa bi-dimensionnalité : en effet , le kimono est le simple
assemblage de pièces de rectangle cousues sans recherche de volume , souci que l’on rencontre par exemple dans les vêtements européens .

costume_heian

             Koochiki , tenue traditionnelle de la noblesse


   Les kimonos , d’un point de vue décoratif , se distinguent aisément en deux groupes : les premiers qui suivent le style populaire , abondamment ornés de teintes et de détails flamboyants , les seconds qui suivent le style zen , d’une sobre élégance , aux teintes plus discrètes . Le costume de base pour les deux sexes est un sous-kimono accompagné d’un kimono serré à la taille par une ceinture de la largeur de la main .

   Les hommes peuvent revêtir en plus un hakama , sorte d’ample jupe-culotte ( que l’on voit chez les pratiquants de kendo ) . La sobriété et la discrétion caractérisent le costume masculin .

   Les femmes , au contraire , choisissent des tenues plus recherchées , et comptent sur les accessoires pour être originales . Un large obi (ceinture ) vient resserrer la première ceinture . Les habits féminins sont évidemment les plus somptueux et les plus passionnants . La richesse des kimonos varient suivant l’âge , l’état civil de la femme et les circonstances dans lesquelles ils sont portés .

   Les petites filles et les femmes célibataires jusqu’à 25 ans se parent de soieries éclatantes , souvent rouges car cette couleur reflète la jeunesse , la beauté et la coquetterie autorisées à leur âge .

   
Plus une femme est âgée , plus ses vêtements deviennent austères . Les bijoux  européens n’existent pas vraiment dans la tradition japonaise ; les peignes laqués , les obidomé ( bijoux de ceinture ) sculptés dans la nacre , les pierres fines en tiennent lieu . Des tabi ( chaussettes à un doigt ) blancs et des zori (sandales ) ou des geta ( socques de bois ) complètent la tenue . Il est à noter que pour leur fille ( et pas pour leur fils ) , les parents consentent souvent à de grands sacrifices  inanciers afin de leur offrir ces luxueuses parures .

 

 

Histoire

 

   Le costume japonais ne reçoit aucune influence extérieure avant le 3 ème siècle ap. JC , il est de style “primitif” , simple de confection . A partir de 200 , la Corée exerce un poids important dans l’histoire japonaise puisqu’elle va ouvrir le Japon au bouddhisme , à un artisanat plus fin , bref , véhiculer les meilleurs aspects de la civilisation chinoise . Celle-ci portera directement son influence sur l’archipel au 7 ème siècle par des ambassades multiples avides de voir le pays des “WA” , comme s’appelait le Japon alors . Kyoto , d’ailleurs , sera bâtie sur le modèle des capitales Tang , avec un plan d’urbanisation cohérent , des rues se coupant toutes perpendiculairement ( impossible de se perdre dans une telle ville , contrairement à Tokyo et aux villes typiquement japonaises qui sont construites sans aucun souci de planification ). A la suite de l’interruption des ambassades chinoises , l’apport du continent pendant des siècles et l’isolement forcé du Japon vont constituer un creuset idéal pour élaborer un costume nippon original qui se détachera progressivement des modèles coréens et chinois . Le Ju-ni-hitoe , la tenue à douze kimonos superposés , dédié à l’aristocratie , est né . Il est toujours porté de nos jours par la noblesse et la famille impériale lors des grandes cérémonies , même si les robes empesées à l’européenne les remplacent petit à petit en raison de leur commodité indéniable par rapport au costume traditionnel . En dehors de la Cour , le kimono devient un fourreau qui s’allonge et que l’on maintient en place par une ceinture . Les seules innovations notables seront l’élargissement de la ceinture chez les femmes , par coquetterie .

heian_2
 
    Le fameux Ju-Ni Hitoe , tel que le portent encore l’impératrice et la future
impératrice Masako , de face et de dos

heian_2de_dos


heian_3
Kazami , costume de danse de la Cour du Chrysanthème < br />
heian_4
Hosonaga et Hanjiri , respectivement , costumes traditionnels pour petites filles et petits garçons


heian_5

Buka Sokutai , costume traditionnel des archers de la Cour .

 

 

 

Posté par setaregan à 22:46 - JAPON - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

Commentaires

    merci

    passionnée du Japon et de son artisanat aussi raffiné et exubérant qu'épuré, j'apprends plein de choses sur votre blog, merci ^-^

    Posté par kotori akai, 11 septembre 2013 à 09:16

Poster un commentaire